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La Française des jeux séduit une nouvelle race de joueurs français avec sa dernière loterie, une construction européenne.

Ce n’est pas un secret : la Française des jeux vit du hasard. Et le hasard fait parfois bien les choses. L’un des deux gagnants français de la cagnotte historique de l’Euro Millions s’est présenté, lundi 6 février, au siège de la Française des jeux à Boulogne. Il ressemble à s’y méprendre au portrait-robot rêvé par les créateurs de l’Euro Millions : jeune et plutôt aisé.
Trois jours plus tôt, le jackpot « roulant » de l’Euro Millions – tout pactole non décroché est remis en jeu – avait atteint 183 573 077 euros après onze semaines sans gagnant. De quoi assurer un succès fulgurant à cette loterie créée voilà deux ans.
Le chanceux, âgé de 30 ans et désormais ex-chef de rang d’un grand hôtel des bords du lac Léman, avait rempli sa première grille le vendredi 13 janvier 2006. Le Haut-Savoyard avait ensuite continué de cocher trois grilles à 2 euros chaque vendredi : 6 euros, c’est justement la mise moyenne hebdomadaire des Français à l’Euro Millions.
« Le jeu avait en lui les gènes de la célébrité », constate Patricia Delon, la responsable du marketing des jeux de tirage à la Française des jeux et une des créatrices de l’Euro Millions. « J’avais rencontré les responsables de la loterie anglaise alors que je travaillais sur la façon de redresser le loto. On s’est dit : “Et si on faisait un jeu en commun ?” » Ensuite, l’histoire de cette loterie, copiée sur un système américain, ressemble un peu à celle de la construction européenne. Les pays fondateurs, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, lancent l’Euro Millions le 13 février 2004. Ils sont vite rejoints par six autres pays.

Marketing décalé
Dès l’origine, la campagne de communication française, avec un budget de 7,3 millions d’euros, joue le second degré. Les spots télé montrent un syndicat d’aristos, le Collectif des riches contre Euro Millions, dans ses différentes activités. La dernière déclinaison en date joue sur le marketing viral. Sur le site Internet Eurochansons.com, les jo­yeux guindés des neuf pays poussent la chansonnette dans une imitation de l’Eurovision. Le refrain de ces anti-nouveaux riches ? « Non à l’Euro Millions ! » Assez gonflé…
Une étude réalisée en novembre a montré le succès de cette opération séduction visant les 30-40 ans plutôt aisés. Un public assez différent donc de celui du loto, vieillissant et plus populaire. Mieux : seuls 3 % des joueurs du loto traditionnel au­raient abandonné leur jeu favori pour l’Euro Millions. La Française des jeux peut savourer le succès de son dernier-né : le chiffre d’affaires de la loterie roulante a atteint en 2005, sa première année pleine d’existence, quelque 869 millions d’euros, ce qui représente 77 % de la croissance totale de l’entreprise.
Malgré tout, « les Français restent de petits joueurs », s’amuse Patricia Delon. En France, la mise stagne à 0,9 euro par semaine et par habitant, contre 3,5 euros au Portugal. La solution est bien d’élargir le public de joueurs. Avec la hausse fulgurante du jackpot, jeunes, vieux, hommes, femmes, urbains ou montagnards, tout le monde s’y est mis. Mais le record du 4 février ne devrait statistiquement pas se reproduire avant… soixante-sept ans. Sauf coup de chance.

Recette de La Française des jeux
8,9 milliards d’eurosen 2005 de chiffre d’affaires, en hausse de 4,3 % par rapport à 2004.

Principaux jeux de tirage
Rapido : 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Loto : 1,5 milliard.
Euro Millions : 869 millions.
Source : Française des jeux

Les Français conquis par une cagnotte qui grossit
18 nov. : 15
25 nov. :24,6
2 déc. : 34,6
9 déc. : 45,1
16 déc. : 56,3
23 déc. 66,2
30 déc. : 77,3
6 janv. : 89,5
13 janv. : 107,5
20 janv. 127,5
27 janv. 152,9
3 fév. : 183,6

Ce n’est pas un secret : la Française des jeux vit du hasard. Et le hasard fait parfois bien les choses. L’un des deux gagnants français de la cagnotte historique de l’Euro Millions s’est présenté, lundi 6 février, au siège de la Française des jeux à Boulogne. Il ressemble à s’y méprendre au portrait-robot rêvé par les créateurs de l’Euro Millions : jeune et plutôt aisé.
Trois jours plus tôt, le jackpot « roulant » de l’Euro Millions – tout pactole non décroché est remis en jeu – avait atteint 183 573 077 euros après onze semaines sans gagnant. De quoi assurer un succès fulgurant à cette loterie créée voilà deux ans.
Le chanceux, âgé de 30 ans et désormais ex-chef de rang d’un grand hôtel des bords du lac Léman, avait rempli sa première grille le vendredi 13 janvier 2006. Le Haut-Savoyard avait ensuite continué de cocher trois grilles à 2 euros chaque vendredi : 6 euros, c’est justement la mise moyenne hebdomadaire des Français à l’Euro Millions.

« Le jeu avait en lui les gènes de la célébrité », constate Patricia Delon, la responsable du marketing des jeux de tirage à la Française des jeux et une des créatrices de l’Euro Millions. « J’avais rencontré les responsables de la loterie anglaise alors que je travaillais sur la façon de redresser le loto. On s’est dit : “Et si on faisait un jeu en commun ?” » Ensuite, l’histoire de cette loterie, copiée sur un système américain, ressemble un peu à celle de la construction européenne. Les pays fondateurs, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, lancent l’Euro Millions le 13 février 2004. Ils sont vite rejoints par six autres pays.

Marketing décalé
Dès l’origine, la campagne de communication française, avec un budget de 7,3 millions d’euros, joue le second degré. Les spots télé montrent un syndicat d’aristos, le Collectif des riches contre Euro Millions, dans ses différentes activités. La dernière déclinaison en date joue sur le marketing viral. Sur le site Internet Eurochansons.com, les jo­yeux guindés des neuf pays poussent la chansonnette dans une imitation de l’Eurovision. Le refrain de ces anti-nouveaux riches ? « Non à l’Euro Millions ! » Assez gonflé…
Une étude réalisée en novembre a montré le succès de cette opération séduction visant les 30-40 ans plutôt aisés. Un public assez différent donc de celui du loto, vieillissant et plus populaire. Mieux : seuls 3 % des joueurs du loto traditionnel au­raient abandonné leur jeu favori pour l’Euro Millions. La Française des jeux peut savourer le succès de son dernier-né : le chiffre d’affaires de la loterie roulante a atteint en 2005, sa première année pleine d’existence, quelque 869 millions d’euros, ce qui représente 77 % de la croissance totale de l’entreprise.
Malgré tout, « les Français restent de petits joueurs », s’amuse Patricia Delon. En France, la mise stagne à 0,9 euro par semaine et par habitant, contre 3,5 euros au Portugal. La solution est bien d’élargir le public de joueurs. Avec la hausse fulgurante du jackpot, jeunes, vieux, hommes, femmes, urbains ou montagnards, tout le monde s’y est mis. Mais le record du 4 février ne devrait statistiquement pas se reproduire avant… soixante-sept ans. Sauf coup de chance.

Recette de La Française des jeux
8,9 milliards d’eurosen 2005 de chiffre d’affaires, en hausse de 4,3 % par rapport à 2004.

Principaux jeux de tirage
Rapido : 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Loto : 1,5 milliard.
Euro Millions : 869 millions.
Source : Française des jeux

Les Français conquis par une cagnotte qui grossit
18 nov. : 15
25 nov. :24,6
2 déc. : 34,6
9 déc. : 45,1
16 déc. : 56,3
23 déc. 66,2
30 déc. : 77,3
6 janv. : 89,5
13 janv. : 107,5
20 janv. 127,5
27 janv. 152,9
3 fév. : 183,6

Source : Challenges.fr | 16.02.2006 (par Jean-Baptiste Diebold)